On veut du Queer!

Sexy Dressing, Violences sexuelles et érotisation de la domination

In Essais et littérature on juin 13, 2011 at 9:54

Un livre passionnant, même si parfois un peu long quand il s’agit de développer des points pourtant simples, et dont la prise de position, très ancrée dans la situation particulière d’un homme blanc hétérosexuel, a suscité de ma part quelques haussements de sourcil.

Le livre de Duncan Kennedy conteste deux points de vue opposés: le premier, conventionnel, veut que les violences sexuelles soient motivées par le port du vêtements sexy, que les femmes soient responsables des agressions dont elles sont victimes en provoquant l’agresseur via le vêtement sexy. le second, issu du féminisme radical, veut que les violences sexuelles soient constitutives du régime patriarcale, et que le vêtement sexy procède de ce régime, c’est-à-dire résulte de ces violences via l’érotisation de la domination.

Il développe son analyse en 5 parties: dans la première partie, il s’attache à définir les violences sexuelles ainsi qu’à décrire le régime juridique qui les réprime, et les tolère. Dans la seconde partie, il analyse la fonction jouée par ce régime juridique dans la répartition du pouvoir et du bien être entre les hommes et les femmes. Dans la troisième partie, il explore le rôle des violences sexuelles dans la régulation du comportement féminin ainsi que dans la constitution des identités masculines et féminines.

Au cours des ces trois parties, il soutient deux thèses: d’abord, il existe un conflit d’intérêt entre les hommes et les femmes quand il est question de la prévention légale des violences sexuelles, et aussi surprenant que cela puisse paraître, l’intérêt des hommes doit être examiné. Ensuite, les violences sexuelles sont à l’origine d’un mécanisme disciplinaire qui impose aux femmes des normes vestimentaires.

Dans la quatrième partie, il soutient que les pratiques vestimentaires féminines sont un lieu de conflit à l’intérieur du régime disciplinaire, et que les femmes ont leur rôle à jouer. enfin, dans la dernière partie, il montre que l’analyse sémiotique du vêtement sexy est favorable à la thèse de l’érotisation de la domination masculine, MAIS qu’il est possible pour les femmes d’y acquérir une autonomie et d’y éprouver du plaisir.

En conclusion, il reconnaît qu’une réduction de la violence est susceptible d’accroître les formes de fantaisies et de jeu dans l’érotisation de la domination et que les hommes ont donc un intérêt à la réduction de cette violence.

Ceci est le résumé – assez obscure je l’avoue en regard de l’originalité de la thèse soutenue par Duncan Kennedy que l’on a du mal à visualiser sans les développements – de la préface. Tout s’éclaire quand on se penche sur le détail des chapitres. Je  livrerai d’ici peu le résumé des différents développements afin d’esquisser la pensée, parfois provoquante, de ce cher Kennedy.

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