On veut du Queer!

Islam, gouines et pédés: la modernité rétrograde de Tariq Ramadan

In Actu'elles, Essais et littérature on août 9, 2011 at 11:06

Entendu que mes lectures du moment sont liées à Tariq Ramadan, présenté comme engagé dans le renouveau de la pensée musulmane, et entendu que je lis ce qu’en pense Caroline Fourest, je base cet article sur des références qui ne suffisent évidemment pas à résoudre ce que peut être l’approche de l’islam et de ses théologiens vis-à-vis de la question de l’homosexualité.

Je ne prétends donc à aucune exhaustivité. Cet article est un début, un angle pour aborder la question. Je l’alimenterai certainement plus tard, au détour de lectures supplémentaires. Je préviens, au cas où des petits rigolos viendraient me reprocher l’insuffisance de mes sources (mais ça me ferait plaisir en fait parce que rappelez-vous, j’adore que l’on m’emmerde).

« l’homosexualité n’est pas admise en islam »

Dans son ouvrage (Frère Tariq, éditions Grasset, augmentée en 2010), Caroline Fourest, elle-même lesbienne, analyse le discours que livre Tariq Ramadan à propos des homosexuels. Elle constate que TR fait évidemment référence au coran qui, comme toutes les religions monothéistes, condamne l’homosexualité, mais qu’à la différence de certains réformistes libéraux qui adaptent leur foi au XXIème siècle, il reste fondamentaliste sur ce point. Pour lui donc, « l’interdiction est claire, l’homosexualité n’est pas quelque chose d’admis en islam ». Il ne reconnaît ni le PaCS, encore moins le mariage, qui accorde la reconnaissance sociale à une orientation sexuelle qui est déjà interdite dans la sphère privée.

Il se veut progressiste dans le sens où ils n’est pas partisan de la condamnation à mort pour les pécheurs ayant goûté aux joies perverses de l’homosexualité, un comportement qu’il juge « hors nature ». Il invite ses frères et soeurs à ne pas juger ni insulter le pécheur, qui est à différencier du péché. Distinction que les chrétiens font aussi. Il les incite à l’aider à guérir, à retrouver la voie naturelle voulue par la création.  Quant à la confusion des genres, l’ouverture de TR est limitée: L’androgynie, c’est un peu fort le café pour monsieur Ramadan. Et les trans ça n’existe pas. 

Un « militantisme maximaliste »

Cette retranscription de la position de prédicateur dans un ouvrage de CF se retrouve dans un de ses ouvrages, qui plus est destiné à être lu par les journalistes autant que par la communauté. Enfin surtout par les journalistes. Autrement dit, il ne s’en cache pas, et ne met pas en branle le mécanisme du double discours pour masquer le caractère rétrograde de sa pensée. Il s’agit de Mon intime conviction, publié par Archipoche en 2009. Les deux pages consacrées à la question de l’homosexualité, sobrement appelées « les quelques courant homosexuels » , se résument comme suit: le premier paragraphe résume sobrement, en adoptant volontairement un ton neutre pour se dissocier du discours, la revendication des homosexuels souhaitant que l’islam accepte l’homosexualité. Ainsi TR écrit: « il s’agit pour certains d’attendre des musulmans qu’ils reconnaissent le bien fondé des mariages homosexuels, de l’adoption et d’accepter, le cas échéant, qu’un imam puisse être homosexuel. La véritable intégration  des musulmans est à ce prix et tout autre discours devra être tenu pour forcément suspect ».

TR ne s’associe évidemment pas à cette phrase et démontre dans le paragraphe suivant en quoi il est absurde d’espérer une telle modernisation de l’islam qui s’appuie sur un principe: « l’homosexualité ne correspond pas au projet divin établi pour les êtres humains ». il qualifie d’ailleurs à la fin de cette partie ces revendications de « militantisme maximaliste » et les « intransigeantes ».

Sous couvert de la nuance, il explique de nouveau ce qu’a retranscrit CF dans son ouvrage, à savoir qu’il faut respecter les « opinions » et les « actions »  ou « comportement « des homosexuels même en cas de désaccord…De deux choses l’une: d’abord, le terme « opinion » tombe comme un cheveux sur la soupe. Depuis quand l’orientation sexuelle a-t-elle quelque chose à voir avec l’émission d’un jugement, d’un avis? Elle est simplement l’expression d’une sexualité. Le terme « actions » est d’ailleurs à la fois d’une pudibonderie et d’une hypocrisie sans nom. On se doute qu’il s’agit de l’acte sexuel et les pédés remercieront TR de respecter la sodomie, même s’ils sont un peu en désaccord quand même.  Deuxième chose: la définition du respect incluant la notion d’acceptation, TR se contredit. Les musulmans doivent respecter les pédés et les gouines, mais l’islam ne peut pas les accepter…lâche le morceau Tariq au lieu de tourner autour du pot.

Tout ceci démontre plusieurs choses: d’abord la perception d’une homosexualité sous un mode inapproprié. Ensuite, la fausse modernité de TR qui prétend nuancer l’aversion des musulmans pour l’homosexualité en opposant son veto aux insultes et à la condamnation à mort (vous êtes trop bon monsieur!) et en prônant le respect, mais pas l’acceptation.

Cette position oblige les homosexuels musulmans à faire un choix. La vidéo ci-dessous y répond par la voix de deux  jeunes lesbiennes musulmanes et de deux gays musulmans, dont les témoignages sont d’une simplicité, et j’ose dire d’une vérité, désarmante.

Fahisha

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :