On veut du Queer!

Louise Speaks and Kisses on Cheeks

In On est in love on mai 20, 2012 at 8:43

Elle aime les bustiers à lacets et les collants résille

les strings en dentelle, les porte-jarretelles,

Les talons aiguilles,

les tapettes, les goudous, les paillettes,

les salopes et les interlopes,

les faux cils et les filles.

Louis(e) de Ville

Here a groupie speaking. Je l’ai vue trois fois. Une première fois en terrain conquis aux Trois Baudets, pour son spectacle « Betty Speaks ». Dans le public, pédés intéressés, gouines déjà in love, et peut-être quelques hétérosexuels d’ores et déjà contaminés. Elle a sûrement pris son pied. « Betty Speaks… » du comment faire jouir des nanas, pendant une heure. Evidemment que ça m’a plu, et je n’étais pas la seule. Elle est douce, elle est trash. Elle lèche (ses escarpins), elle est cash. Et puis c’est une sacrée bombasse. Ce qui ne gâche rien.

Une seconde fois à la soirée Moral Panic ayant lieu tous les 3ième jeudi du mois au Klub (en terrain collant). Elle s’y effeuille avec humour. D’une Cinderella angélique, elle se métamorphose en totale barrée effeuillée. C’est pas tellement qu’elle envoie chier le prince charmant, non, c’est plutôt qu’elle a envie de baiser Javote ou Anastasie, histoire de les détendre un peu. Ou les deux en même temps peut-être.

Une troisième fois, c’était au centre d’animation de la Place des Fêtes, en terrain grave hostile. Poor Louise, t’avais affaire à une connasse (la directrice du centre) qui avait loupé la correspondance féministe entre le 20ième et le 21ième siècle et qui t’avait menée la vie pour te faire renoncer. La dame introduit ton spectacle en louant l’arrivée de François Hollande au pouvoir, parce que l’égalité politique entre les mecs et les nanas se profile sous son règne. Ton show, c’est sur la jouissance féminine, l’éclat’ au lit (ou ailleurs) quand on préfère les clitos, la liberté que l’on a de se la péter en talon ou en cravate, c’est selon, la performance de genre relevant d’un choix individuel, la lesbophobie, le point G etc.

Les interventions du débat juste après se sont empressées de changer de sujet. Le plaisir? Les orgasmes? La masturbation? Un peu léger mademoiselle de Ville, voyons. Vous vous prétendez féministe et vous êtes passée à coté de l’essentiel! Il manquait quelque chose au spectacle…un élément qui pourtant est omniprésent partout ailleurs, et dont tu n’as, toi jolie brune de 25 ans, 50 kilos tout mouillés, strictement rien à faire: l’homme. Il fallait le faire sortir des coulisses illico presto et il a été rappelé de deux manières. Les femmes qui étaient là, féministes de la génération soixante-huitarde pour la plupart, ont été outrées que tu passes sous silence la domination masculine. Les hommes, des cinquantenaires coquins certainement, t’ont reproché d’envisager le désir par le biais de la subjectivité masculine. « Les culottes à froufrous, c’est un fantasme masculin mademoiselle ». Viens mon coco, je vais t’emmener au Troisième Lieu, ou je vais te faire mater The L Word, on verra si tu as le monopole de la culotte à froufrou!

Mention spéciale à Geneviève Fraisse, philosophe de la pensée féministe qui t’a grave kiffée et qui était ravie que tu illustres avec tant de beauté la liberté pour soi, et non pas forcément la quête d’une égalité avec l’Autre, l’homme. Si elle défendait la cause avec des termes légèrement différents (La « différence des sexes » est une « catégorie vide », sans contenu, qui nous voue à rester perpétuellement « à coté du genre ». Oui moi aussi, j’ai du mal à saisir, mais elle était tellement magique pendant le débat que j’ai envie d’acheter ses bouquins et de comprendre), il ne faisait aucun doute que vous étiez soeurs, toutes deux parvenues aux mêmes conclusions mais par des voies différentes, peu importe la génération.

C’est juste sublime et terriblement jouissif de voir une artiste de cette trempe se produire sans ciller devant un parterre de vieux de la vieille ultra sceptiques. C’est la liberté franche et crue, volcanique au point que cette grande artiste n’hésite pas à ajouter une petite phrase assassine à son spectacle, toute destinée à chatouiller les oreilles de la connasse, histoire d’aller l’envoyer se faire foutre (et peut-être que ça lui ferait du bien). Et puis ben…a pas d’agent la petiote. Personne pour lui dégoter des salles de spectacles à la hauteur de sa pièce,  de son « bébé » comme elle l’appelle. 

Pas tellement étonnant qu’il faille une américaine (ah mon dieu, que j’aime les américaines) pour venir répandre la bonne parole sur la question de la performance de genre dans notre douce France, où nous sommes, et les réactions du public du centre d’animation de la Place des Fêtes l’ont assez montré, complètement à la ramasse. 

Mention spéciale à Colette Renard dont on espère qu’elle se fait « bricoler la cliquette » avec Saint Pierre.

Alors bougez vos petites fesses et allez voir la minette! Peut-être même que vous aurez droit à un bécot carmin sur chaque joue comme moi (ahhhhh Louiiiiiiiiseeeee). 

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