On veut du Queer!

The L Shanghai World


Ayant entamé ma découverte du Shanghai LGBT, il est grand temps pour moi d’en rendre compte. Je ne vais pas la jouer descriptif à la Guide de la Goudard, car je risque de vous ennuyer ferme. Optons plutôt pour la narration épisodique des mes escapades nocturnes, disons façon roman feuilleton. Quel meilleur moyen pour faire vivre ces lieux dans votre petit imaginaire déjà tout émoustillé, j’en suis sûre. Au programme, les informations pratiques dénichées au fil de mes aventures.

EPISODE 1 ou comment la fille en joie a infiltré le réseau des lesbiennes de Shanghai.

C’était il y a deux semaines, un vendredi. Mon cher colocataire et moi-même avons décidé de la jouer underground et subversif en nous rendant au Studio, l’un des principaux bars gays (pour les mâles) de Shanghai (sinon, pour varier les plaisirs, il y a aussi le D2 et le Angel, que je vous détaillerai ultérieurement). Ah bonheur de se retrouver dehors la nuit, de héler un taxi, de s’engouffrer à l’intérieur et de regarder défiler le paysage urbain futuriste de cette ville titanesque et bigarrée, aveuglante de lumières et de panneaux publicitaires animés, à tel point que cela fait parfois presque mal aux yeux. L’impression que j’en retire est une étrange hybridation entre les parapluies à néons de Blade Runner et l’atmosphère opiacée de Brazil, étouffante de sollicitation consumériste. Shanghai, une ville mutante.

Le taxi nous dépose et nous voilà devant le studio, bâtiment engoncé dans le coin d’une cour, qui n’a pas l’air de grand chose comme ça. Mais une fois à l’intérieur, nous n’avons pas assez d’un bon quart d’heure pour découvrir le club dans son intégralité : un dédale enfumé, mi rouge, mi bleu, une succession de salles dans lesquelles s’entassent des hommes en sueur, cigarette à la bouche ou verre à la main. Le son résonne, juste comme je l’aime : fort, pulsé, lancinant.

Je joue les sentinelles et tente de repérer quelques proies susceptibles d’intéresser mon acolyte. Mais apparemment il n’y a pas grande chose à se mettre sous la dent ce soir, pour lui. De mon coté, je ne perds pas totalement le nord et j’ai bien vite fait de repérer une jolie blonde dansant dans la foule. Approche progressive et subtile (ou pas), et me voilà prête à entamer la conversation, enfin du moins à émettre une série de bruits signifiants dont j’espère qu’ils parviendront entiers à l’oreille de la demoiselle. Chouette, elle est française, voilà qui facilite les choses. 27 ans, en doctorat, parle le chinois (mazette…). Mais cerise sur le gâteau, elle ponctue l’une de ses répliques d’une information comme tombée du ciel : « Tu veux que je te présente mes amies, ELLES sont là ». Pour sûr que j’veux ! et l’on me présente à trois jolies goudous : une chinoise, une péruvienne et…une autre française qui se trouve être l’administratrice d’un réseau Yahoo absolument stratégique : lesinshanghai. Echange de numéro et promesse de m’accepter en tant que membre si je m’inscris sur le réseau. Autant dire que ce n’est pas tombé dans l’oreille d’une sourde.

A 3h du matin, nous rentrons. Je fais ma petite recherche sur google et soumets ma demande d’inscription avant de sombrer dans un sommeil d’espérance. Le lendemain, je constate avec bonheur que je peux avoir accès à toutes les applications du réseau et qu’un pique nique girly est prévu le dimanche suivant. Et vous brûlez d’envie de connaître la suite bien sûr, mais ce sera le sujet du prochain épisode !

Informations clés de cet épisode : 

  • Les mecs (et les filles qui aiment les bars à mecs), pour votre première sortie gay vous pouvez tester le Studio (1950 Huaihai Middle road, n°4) , réputé pour être « the place to be » le vendredi soir. C’est 50 yuans (soit 5 euros environ) avec une boisson. Essentiellement chinois, pratiquement pas d’expatriés. Surpopulation et bonne musique électronique, ça vaut le détour.
  • Les filles, si vous voulez connaître les bons plans goudous à Shanghai, ne comptez pas trop sur des sites internet « officiels » pour vous renseigner. Demander à ce que l’on vous accepte comme membre sur le réseau Lesinshanghai (http://groups.yahoo.com/group/lesinshanghai/) qui organise des évènements assez régulièrement et qui permet de rencontrer des filles drôles, jolies et intelligentes (cela ne va pas sans évoquer une certaine série culte où toutes les femmes ont des jobs d’enfer, des maison immenses, des plastiques de rêve et un QI anormalement élevé. cela fera l’objet d’un épisode, cela va sans dire).
  • Sinon, autre réseau yahoo pourvoyeur d’informations Shanghai LGBT ( http://groups.yahoo.com/group/shanghailgbt/). Même système que Lesinshanghai.

EPISODE 2 ou Le rendez-vous du Cotton’s

Dans l’épisode précédent, il était question d’un pique nique à Century Park en compagnie d’adorables lesbiennes. Oui, mais c’était sans compter les aléas de la vie estudiantine à l’étranger, et les mauvaises surprises administratives. Je n’ai donc pas pu finalement – et je vous épargne les détails des scandaleuses raisons qui m’en ont empêchée – me rendre à ce jardin d’Eden. Qu’à cela ne tienne. Une semaine plus tard, un nouveau message dans ma boîte mail mentionnait un rendez-vous mensuel, le lesinshanghai girls drinks, à 7h00 au Cotton’s, bar situé dans la concession française. Il ne m’en fallait pas davantage. Cette fois-ci, le Cotton’s allait devoir compter avec moi.

Le destin…il m’a semblé qu’il s’acharnait contre moi car, au moment où l’excitation était à son comble à l’idée de me rendre à cette réunion (il était 16h00, j’avais rendez-vous à 19h30), j’apprenais qu’un prof imbécile absent la semaine de la rentrée avait décidé de rattraper son cours à 7h00 pétantes…La voix off qui me parle de temps en temps dans les moments critiques s’est alors écrié avec véhémence: WHAT THE FUCK???? Bon tans pis, je vais au cours pourri et je rejoins les lesbiennes après.

Imaginez l’intensité de ma concentration durant ces deux heures soporifiques. Je n’avais qu’une idée en tête: la conclusion, mec, genre je veux la conclusion MAINTENANT. LACHE TA PUTAIN DE CONCLUSION.

A 20h35, l’imbécile daignait conclure son powerpoint. Ni une ni deux, je sautais de mon siège et me précipitais dehors pour choper le premier bus. A 9h40 j’étais au Cotton’s, ma jolie chemise blanche légèrement transpirante, l’ordinateur à la main, le regard sans doute égaré. Indécise quant à la table vers laquelle me diriger, j’interroge une serveuse: « les in shanghai? ». La réponse ne se fait pas attendre: « inside ». Ok, les meufs sont connues ici.

Et me v’la propulsée dans une pièce entièrement remplie de lesbiennes…le rêve total. Un peu intimidée, je m’avance discrètement. Je suis accueillie à grand coup de sourires et de jolis yeux brillants. Tous les styles, tous les âges, toutes les origines sont présents. Car c’est aussi de la goudou internationale, autant vous le dire: USA, Ghana, Colombie, Costa Rica, France, Chine, ça défile les filles. Et en plus de venir des quatre coins du monde, c’est aussi du beau monde, du concentré de L word, pur et dur. Une architecte, une avocate, ou encore une top manageuse, elles sont mignonnes, elles sont drôles, elles sont sympas…Je me suis bien demandée quelques instants si je ne rêvais pas. Mais non, je bois une bière dans un brouhaha féminin et joyeux et remarque au passage que les jolies bouclettes de la blonde en face de moi sont adorables…

De fil en aiguille, la conversation aborde les rivages de la vie LGBT à Shanghai, et j’apprends plusieurs choses: que les garçons sortent en masse le vendredi et le samedi, alors que pour trouver de la goudou en soirée, c’est pas de la tarte; qu’il y a, comme dans toutes les villes dans lesquelles j’ai eu l’occasion de tâter du terrain, très peu d’établissements pour les filles (donnée qui découle de la première information); et qu’il existe bien quelques bars lesbiens, mais qu’ils ne sont fréquentés que par les chinoises, en très petit nombre, qui vous regardent avec des yeux ronds comme des coupoles quand vous franchissez l’entrée (et oui, les expats gouines, ça en jette apparemment…). Bon, pas très encourageant tout ça…mais mais mais, qu’apprends-je également? Qu’une pride est organisée tous les ans et qu’elle aura lieu cette année aux alentours de la mi-octobre. BINGO! Et que le weekend prochain a lieu une big soirée LGBT à la discothèque appelée le Dubaï! Ah! Mais que demande le peuple! D’autant plus que tout le monde est convié à une préchauffe dans l’appartement de l’une des anciennes du réseau.

Mais je crois que ça demande un autre épisode ça…

Les informations clés de cet épisode:

  • Une pride est organisée tous les ans. Durant quelques jours les pédés et les gouines font la fête tous ensemble. Il faut faire profil bas auprès des autorités, mais c’est tout de même un événement majeur. Votre reporter sur place (j’ai nommé moi) vous restituera la pride en prose et en images.
  • Tous les mois est organisé un rendez-vous mensuel, le lesinshanghai girls drinks, au Cotton’s dont voici l’adresse: 132 Anting Lu, at Jianguo Xi Lu, métro: Hengshan Road.

Episode 3 ou Comment la fille en joie a roulé des gros patins au Dubaï

Ça devient caloroso à Shanghai…Je suis sûre que vous attendiez ce brûlant épisode avec impatience jeunes tourterelles. Je m’en vais vous conter ma folle soirée au Dubaï, (et non pas à Dubaï hein, ce n’est pas une faute d’orthographe, il y a bien une boîte qui s’appelle comme ça à Shanghai) et les raisons pour lesquelles une gay party avait lieu à cet endroit, qui n’est pas spécialement réputé pour être gayfriendly aux heures de pointes.

D’abord comme au début de chaque épisode, je reçois un message dans ma boîte yahoo fétiche (gingle !) . Il nous était proposé de faire un petit before/apéro/échauffement à l’appartement d’une des administratrices avant de nous envoler pour le Dubaï. Comment refuser pareille proposition ! Nous nous préparons donc mon ami pédé et moi-même, nous nous faisons beaux, nous nous peinturlurons (enfin surtout moi), nous nous parfumons, nous nous parons, bref, nous nous préparons pour ce qui annonce être une big soirée.

Taxi ! pof pof pof, en trois coups de volants et quelques yuans, nous voilà arrivés à l’appartement en question. Déco sympa, balcon, vue (presque) panoramique, vin rouge, et filles bien sûr ! Rien que ça déjà, ça commence bien. Je recroise quelques mignonettes du Cotton’s. On papote, on s’égaille, on rit, on boit, puis vient l’heure de commencer notre périple vers le Dubaï qui se situe à proximité. J’en suis déjà à mon (1, 2…4…7ème verre ?…bof, je n’ai pas compté).

Pourquoi le Dubaï alors ? et pourquoi pas le Studio, puisque c’est normalement the place to be dans le cas des soirées LGBT. Et bien voilà l’explication jeunes damoiselles (et damoiseaux, je ne vous oublie pas !) : En vérité, ce n’est pas le Dubaï qui est à l’instigation de cette soirée. C’est une boite gay qui a du fermer pour ses activités, disons, illicites… il y a de cela quelques mois. Pour continuer d’animer la vie nocturne des gouines et les pédés (parce qu’il n’y a pas de raison qu’on ne fasse pas la chouille !), les tenanciers de feu cette établissement organise des soirées mais exploitent pour cela les locaux de boîtes disons « clean » aux yeux des autorités chinoises.

Oui parce que, ne l’oublions pas, la chine et l’homosexualité, ce n’est pas encore la cohabitation harmonieuse idéale, entre nous soit dit. Et il n’est pas rare que parfois, des messieurs avec des uniformes fassent des descentes dans ces lieux de débauches et de perdition dans lesquels des hommes embrassent des hommes, et des femmes embrassent d’autres femmes.

Oui à ce propos : j’ai roulé des patins, certes, mais enfin…espèces de fieffés commères, laissez tranquille mon jardin secret !

Informations clés de cet épisode :

  • Il est possible de passer quelques heures chez les flics dans le cas d’une descente dans une boîte gay, du moins pour les expats. Les pédés chinois, je pense que c’est bien pire…

Episode 4 : Shanghai Pride, opening party!

Samedi 22 octobre, première journée de la Gay Pride à Shanghai. Pas de défilés, pas de cortège, pas de chars multicolores dans les rues. Ce n’est certainement pas pour tout de suite, étant donné que les autorités auraient vite fait de désapprouver l’expression d’une sexualité hors normes, parfois encore considérée comme une maladie.

Mais les gouines, les pédés, les bi et les trans ne s’en laissent pas conter et ont décidé d’organiser une semaine d’événements festifs, sportifs et culturels. Au programme, une soirée d’ouverture, des projection cinématographiques, une « mid week party » des expositions d’art, une compétition de  billard, une conférence sur la situation des gays et des lesbiennes en Chine, et une soirée de fermeture.

Hier, samedi, c’était la soirée d’ouverture à Mi Tierra, restaurant mexicain situé dans la concession française. Après une préchauffe bien arrosée, et une âpre discussion avec un chauffeur de taxi refusant de transporter plus que le nombre de passagers réglementaires dans son véhicule (et c’est bien normal…), je débarque à Mi Tierra et y croise mes acolytes du groupe Yahoo. Pas grosse ambiance, alcool infect, mais cadre sympa.

Tout est devenu beaucoup plus intéressant au Dubaï, où nous avons migré ensuite pour parachever avec panache cette soirée d’ouverture. Un début en fanfare, au cours de laquelle la fille en joie n’a pas lésiné sur les cocktails, et les filles (;)),  annonciatrice d’une semaine fort intéressante. Vous serez informés des événements à flux tendu, et je compte bien assister à la majorité d’entre eux!

Episode 5: Shanghai Pride, la fille en joie s’en est donné à coeur joie!

C’est que la fille en joie, avec la vie de débauchée moyenne qu’elle a menée ces derniers temps, n’a pas eu le temps (ou ne l’a pas pris) de faire le compte rendu promis de la Shanghai Pride 2011. Ce n’était que partie remise !

Reprenons depuis le début : je m’en étais arrêtée à la soirée d’ouverture au Dubaï. La suite fut épique, exotique, excentrique, érotique, et éthylique.

Lundi et Mardi, votre chère reporter était accablée de travail, elle n’a donc pas pu jouer les oiseaux de nuit. Mais Mercredi, projo au Goethe institute suivie d’une petite soirée au Brownstone, un bar bien sympa dans la concession française. Après avoir maté le court-métrage ayant pour thème la transsexualité (pas jojo le film d’ailleurs), et après avoir subi des métas explications intellectuello-artistiques en chinois (autant dire que je n’ai pas compris grand chose), je me suis éclipsée pour avaler un bol de riz accompagné d’une bière chinoise dans un bouiboui pouilleux, avant de me mettre en quête du bar.

Facile à trouver, ambiance sympa, quelques filles du groupes, d’autres croisées lors d’occasions diverses. J’apprends que le Brownstone organisera désormais une soirée OUT tous les mercredi – comprendre des soirées destinées aux gouines et aux pédés qui veulent rencontrer d’autres gouines et d’autres pédés (et autres personnalités dignes d’être rencontrées) en milieu de semaine, entracte bâtarde puisque le Studio n’est intéressant que le vendredi. Très bien, maintenant je saurai quoi faire de mes mercredi soirs. Je discute, je papote, je bablate avec divers personnages. Je bois mes deux verres de vin. Jusqu’ici tout va bien. La soirée se termine malheureusement de manière assez désagréable pour moi, puisqu’une taïwanaise, qui en était déjà à son sixième verre, décide que j’ai l’air sympathique et que c’est le moment pour elle de raconter sa vie à une inconnue…pendant une demi-heure, pauvre que je suis, j’ai dû subir ses postillons avinés et ses déballages assez peu captivants. Hocher la tête suffisait à la réactiver pour dix minutes supplémentaires, autant dire une éternité quand converser reviens à retrouver les sensations d’un jour de pluie…Le seul moyen que j’ai trouvé de m’en débarrasser fut de quitter la petite sauterie…bien dommage mais le meilleur est à venir ;).

Jeudi, la ladies pool competition. JOUR CLE mes amies. Rendez-vous au Massé&Bistrot pour un tournoi de billard (très lesbien le billard…). Beaucoup de filles sont là, les boissons sont peu chères, l’atmosphère est chaleureuse. Nulle en billard, donc je préfère m’installer à une table pour jouer aux dés avec d’autres ravissantes créatures. Et là, grosse ellipse narrative, mais grosso modo, la fille en joie ne fut pas une âme esseulée ce soir là (j’aime accompagner mes ellipses narratives d’euphémismes tonitruants). Souvenir ému du Massé&Bistrot.

Samedi, tournée des bars organisée en bus et soirée de fermeture. Thème : Halloween. Premier bar, le Transit Lounge, costumes en tous genres, et surtout en ceux n’ayant rien à voir avec Halloween. Rice Bar, Bobo, Hunter. Un verre, deux, trois. Discussions endiablées, rencontres euphoriques, confessions croustillantes. Puis vient le moment de débarquer au Dubai pour terminer la soirée en beauté. Mais au Dubai, bien trop de monde.

Qu’à cela ne tienne. Tentons le TT club, bar lesbien local, uniquement peuplé de chinoises. Au moment d’entrer, je ne déconne pas, nous avons toutes la sensations, nous modestes expatriées, d’être LES STARS du bar. Elles ne doivent pas en voir beaucoup des goudous blanches les petites chinoises. Nous sommes en forme, nous allumons le feu, nous dansons comme des biatchs sur le podium, devant une foule en liesse (j’exagère peut-être un peu, mais l’idée est là). Puis vient le moment de migrer dans un bar pas très far away, straight, enfin straight sur le papier. Parce que j’en connais qui se seraient bien laissées convertir ce soir.

Rentrée en taxi dans une délicieuse nébuleuse, avant de se réveiller le lendemain après-midi, pour se rappeler qu’il y a un examen de macroéconomie lundi matin à 8h…

Les informations clés de cet épisode:

  • Le mercredi soir, c’est soirée OUT au Browstone (unit  311, No.570 Yong Jia Road): Happy hour à partir de 4h00 jusque minuit
  • La Shanghai Pride, c’est tous les ans…tu vois ce que je veux dire ou quoi

Episode 6 : Drag king contest…

C’est que la fille en joie était un peu moins en joie ces derniers temps…elle n’a pas vraiment eu le temps de se pencher sur la narration de ses dernières frasques. Pourtant, il y a du lourd, du très lourd. Elle a participé à la soirée Drag Queen du Shanghai Studio et n’est pas revenue les mains vides…Laissons-nous aller à de plaisantes réminiscences !

Un samedi donc, ou peut-être un vendredi ? Bof, je ne sais plus, bref un jour qui ne nécessitait pas que je me lève le lendemain. Le Shanghai Studio organisait une soirée DRAG QUEEN ! Drag King donc pour les filles. L’occasion ou jamais de revêtir la cravate que je rêvais secrètement de sortir de mon placard. L’occasion aussi d’apprendre à faire un nœud de cravate et de constater que c’est sacrément inconfortable d’avoir la gorge comme enserrée dans un étau pendant toute une soirée ! M’enfin c’est toujours moins inconfortable que de porter des escarpins munis de talons aux allures de gratte-ciels ! Cravate donc, rouge hein, parce que le rouge c’est franchement sympa. Rouge bordeaux plus précisément, parce qu’il fallait assortir la teinte de la cravate au bleu électrique de ma veste. Pantalon noir et petites chaussures vernis. Pour la touche finale, j’avais chipé les lunettes d’étudiant de droit de mon pédé. Restait plus qu’à aplatir ma mèche sur le coté, et je pouvais arborer la mine d’un dandy terriblement viril.

Petite préchauffe à l’appart, macarena-tequila-blablabla. Les filles ayant joué le jeu, nous voilà trois séduisants dandys en costume cravate. Nous étions prêt(e)s à en découdre et le jury n’avait qu’à bien se tenir sacré nom ! Comme à son habitude pour les soirées spéciales, le Shanghai est plein à craquer, le podium est peuplé de magnifiques créatures, des Drag Queens tout en plumes et en faux cils, et le parterre est en liesse. La fille en joie est un peu éméchée et sourit bêtement quand on l’achemine vers le podium et qu’on lui demande de rejoindre ce qu’elle comprend au dernier moment être les deux autres candidates ! Et l’élection commence. C’est à l’applaudimètre, enfin au « crimètre » pour être plus exacte. C’est la Drag King qui obtiendra les cris les plus stridents qui gagnera le premier prix. Et…mais bordel ! C’est la fille en joie qui a raflé (bien malgré elle…) la bouteille de vodka que contenait le prix semble-t-il ! Mazette ! Oui oui c’est bien elle ! Il faut dire qu’elle avait dans le public des alliés de choix en la personne de son pédé qui  fait monter l’applaudimètre à des hauteurs atmosphériques grâce à sa voix puissante et virile. Bref, me voilà dotée d’une bouteille qu’il faut bien que j’écoule assez rapidement. Tournée immédiate et verres offerts à mes fervents électeurs tandis que mon chat (c’est le nom affectueux que je donne à mon pédé) va gentiment dissimuler le reste du lot dans un coin….et le récupère quand nous partons car de mon coté je pensais avoir épuisé l’essentiel du prix en la bouteille de vodka et ne voyait vraiment pas l’intérêt supplémentaire que pouvait avoir ce lot.

Le lendemain, réveil difficile. Il faut un peu nettoyer tout le bazar répandu dans le salon. Pof pof pof, bouteilles par ci, sacs de chips par là, et sur quoi qu’je tombe ? Le carton renfermant son prix de la veille. La bouteille est toujours à l’intérieur, à moitié vide (plus qu’à moitié pleine d’ailleurs). Je l’extrais soigneusement et la range dans un coin, en prévision de mes excès futurs. Puis je m’apprête à négligemment jeter le reste. Mais un morceau de papier attire mon attention au fond du carton. Il s’agit en réalité d’une enveloppe. A l’intérieur, 300 yuans (30 euros, fichtre, toujours bons à prendre !) et ce que je prends pour des cartes de visite…Ce n’est que plus tard, après les avoir rangées dans un coin de la cuisine, que je réalise qu’il s’agit de…free drinks tickets…Damn…Je vais être obligée de retourner au Shanghai Studio pour les écouler…

Episode 7: Goodbye Shanghai…Hello Paris!

Ah grand Dieu, ne me dites pas que c’est pas vrai! Est-ce vraiment moi qui prend ce taxi pour l’aéroport? Est-ce vraiment la dernière fois que je regarde défiler le paysage de cette ville extraterrestre? Dois-je vraiment enregistrer mes bagages avant de m’envoler sur ce Boeing de la compagnie Turkish Airline? Vraiment? Pour faire taire cette tristesse ahurie qui clapote juste sous le coin de mes paupières, je monte le son de mon Ipod. Musique bourrine pour sentiments assassins. Heureusement que les hôtesses sont des bonasses, elles font diversion quelques instants et trompent mon chagrin.

Au revoir Shanghai (mais pas adieu!), bonjour Paris!

La première saison est terminée, mais je compte bien que la série de la fille en joie soit reconduite d’ici peu!

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